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En janvier 1933, la prise du pouvoir par les nazis sonne le glas de la liberté
artistique du cinéma allemand.
Goebbels, ministre de la propagande, sautoproclame «protecteur du
cinéma allemand» et préside en juillet 1933 à la création
de la Reichsfilmkammer qui regroupe tous les métiers du cinéma.
Ladhésion indispensable est systématiquement refusée
aux Juifs.
Cette mesure renforce la vague d'émigrations amorcée par l'incendie
du Reichstag en février : Fritz Lang, Erich Pommer, Billy Wilder, Peter
Lorre et bien d'autres quittent lAllemagne nazie.
A partir de 1934, une nouvelle loi sur le cinéma permet à lEtat
de contrôler lensemble de l'industrie cinématographique, du
choix des scénarii à la production et lexploitation en salle.
En 1937, l'industrie du film est nationalisée. La production se concentre
sur les films de divertissement même si on tourne aussi quelques adaptations
littéraires ou des fresques historiques et biographiques.
Dès le début de la guerre, ces films visent à détourner
les spectateurs de la souffrance, de la misère et des crimes environnants.
Goebbels renonce, sauf dans quelques films, à une propagande explicite
mais semploie par contre à influer le cours de la guerre en entretenant
la bonne humeur de la population.
La fondation Murnau sattache à conserver les films empreints de
lidéologie de lépoque dans un esprit de responsabilité
collective, elle veille particulièrement au contexte de projection de ces
films qui sont assortis d'une clause de réserve. Les films ainsi répertoriés
ne peuvent être présentés que dans le cadre de manifestations
ou tables rondes reconnues pour leur pertinence et leur sérieux.
La mission déducation à limage confiée à
la fondation lui permet dautoriser, dans un cadre non commercial, la projection
de films assortis dune clause de réserve.
De plus, la fondation soutient le travail de lInstitut für Kino
und Filmkultur de Cologne qui projette les films de la période nazie dans
le cadre de séminaires de formation à la politique.
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